Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 10:12


 

Le 16 mai, Manuel Jesús el Cid, César Jiménez et David Fandiño avaient rendez-vous avec les toros de el Montecillo. Un rendez-vous quasi manqué.

D’emblée, on sent que la brioche madrilène ne montera pas dans le grand moule, pas tout à fait rempli de pâte, signalons-le au passage. Le premier toro jette les mains devant, le Cid le reçoit, le teste, lui vole une jolie demi-véronique, avant de lui faire administrer une séance trop longue sous la pique, poussant d’une seule corne. La deuxième rencontre est une mini pique règlementaire qui faillit l’endormir. Décomposé, l’animal se met à regretter l’étable, quand César Jiménez s’avance pour le quite. D’un air précieux, il nous torchonne trois ou quatre chicuelinas de lanvandière (comme aurait dit Roger Dumont) et conclut d’une larga de fripier, mais en cambrant le rognon, Madame, et pas qu’un peu. Ce type-là doit avoir les lombaires montées à l’envers. Passons le tiers de banderilles, le Cid du G10 ne trouve pas sa voie, le couple se balade sur la piste sans enchaîner deux pas de valses, on se fait peur, même. Bien entendu, tout le monde s’accorde à donner tous les torts à la bête. Signalons à son profit posthume qu’elle fut combattu sans talent et sans appétit.

 

Le second adversaire de José Manuel du G10 est un mammouth qui voulait profiter de son passage à la télévision pour faire une blague à ses copains, et pour cela s’était déguisé en toro. En trottinant à petits pas de petite vieille il s’en allant vers notre oubli, où il ne pèsera guère. Pas plus que la prestation de ce Cid du G10

 

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César Jiménez, quand il torée, fait des grimaces, bascule la cinquième lombaire et bombe le torse. A chaque passe, il se trouve génial et se crie «oooolé». Pour le reste, on ne sait pas trop quoi en dire.

 

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Fandiño, sur qui nous misons, essaie de toréer selon les canons classiques. Madrid aime ça et elle a bien raison. Il coupe une oreille de son second adversaire, sauvant l’après-midi d’un nouveau naufrage. De son combat, nous retiendrons qu’il entre dans le vif sans prélude, attitude à la page dont nous nous demandons si elle n’est pas préjudiciable à l’embellie future du combat. A la troisième série, le toro raccourcit la charge. A gauche, il se montre retors. Revenant à droite, notre voisin d’Orduña scultpe le plus beau derechazo du jour. Muleta présentée devant, corps dans le terrain ennemi, main basse, toro ceinturé au ventre, sortie au ras du sable, loin, loin derrière. L’animal n’en revient pas, jette l'éponge et se met à gratter le sol en songeant aux pâquerettes de son pays natal. Il mourra bientôt d’une épée tombée. David, qui ne fait pas partie du Top Ten Tauromashow G10, affrontera toutefois six adversaires à Bilbao dans moins d’un mois. 

 

à suivre, au gré des notes...

Par Olivier Deck - Publié dans : Au gré des notes...
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